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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 20:34
Je ne sais pas comment j'ai pu oublier que c'était hier ...

Il y a plusieurs mois, il y a toute une vie de ça, ma copinaute Florence nous a annoncé que l'état de son compagnon se dégradait : ses reins ne fonctionnaient presque plus.
Parmi les quelques options pour lui sauver la vie, celle que Florence et son compagnon ont retenue, c'est la greffe d'organe ...
oui mais voilà : l'organe, il faut bien le prélever sur quelqu'un.

Florence a tout lu, tout étudié sur le sujet. Combien de temps un rein peut fonctionner, quels sont les risques et les inconvénients de la dialyse ... le temps d'attente sur la "liste", la vie, la survie pendant l'attente ...

Et puis elle a décidé, en toute simplicité, en toute évidence, de lui donner un rein.

Et a commencé un long parcours pour s'assurer de leur compatibilité ("nous sommes faits l'un pour l'autre", ont-ils conclu), pour défendre leur choix, pour programmer l'opération - côté hôpital, côté boulot et garde de leur petit Félix.

Et puis il y a eu ce jour incroyable où ils ont reçu l'appel inespéré, ce jour chamboulement où son compagnon est parti recevoir le rein qui, à présent, lui redonne vie ... Une nuit de veille des copinautes emportées d'allégresse, et de gratitude voilée de tristesse en pensant au donneur parti trop tôt ...
Toute une nuit, toute une semaine à pulser ... il va vivre, il va aller mieux, Félix va retrouver son papa en forme, et Florence n'aura pas eu besoin de faire ce sacrifice.

Je sais qu'elle ne l'a jamais pensé comme tel. Elle aurait tout donné à son amour, même une partie d'elle. Elle aurait accepté qu'on ouvre son propre corps, pour en retirer un élément de vie qui manquait à son chéri - et cela sans savoir de quoi son propre avenir serait fait ... plutôt s'amputer que perdre son amour ...
Elle serait rentrée à l'hôpital - annulant ses cours, s'absentant de son travail, confiant son Félix elfique - pour partager le même univers que son chéri, le temps d'une opération, d'un transfert d'elle à lui. Un don d'elle-même total et absolu, le plus bel acte que j'aie jamais vu dans un couple ...

Elle serait rentrée à l'hôpital hier, avec son amoureux, pour en sortir avec lui ...

Elle n'a pas eu besoin (et j'espère que ce ne sera pas utile, et que la question ne se posera pas avant très, très longtemps - encore 8 semaines pour commencer à se détendre).

Elle n'a pas eu besoin et son chéri va bien.

Florence, si tu savais comme je t'admire.


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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 19:24
Je n'étais même pas pubère quand est sorti Thriller ... c'étaient mes années top50, avec les clips mythologiques, ceux qu'on attendait avec excitation et qu'on regardait avec recueillement, ceux de Queen ou de Michael Jackson ...

Je n'avais jamais acheté d'album de lui, ses chansons étaient juste un souvenir d'années où la séborrhée est l'un des pires soucis - une madeleine de Proust, un peu comme Careless Whisper de Wham entendu l'autre jour sur l'autoradio, ou I Wanna Dance With Somebody de Whitney Houston, qui passait dans une boutique ...

Je n'ai pas pensé, quand j'ai appris sa mort "oh zut, alors plus jamais il n'écrira ..." (ce que j'avais pensé à la mort de Michel Berger).

L'ours et moi on s'est regardés, choqués, quand on a entendu la nouvelle à la radio - et tout ce que j'ai trouvé à dire c'est "il ne lui restait plus que ça à faire ...". Mourir, je veux dire. Pour devenir une légende.

Et puis à la télé, où on nous passe en boucle (au lieu de ses clips) les morphings des transformations de son visage (le pauvre, comme il devait avoir mal au quotidien) ou la foule de ses fans anéantis, j'ai entendu un truc qui m'a bien plu.
Une nana qui disait "on est tristes, on l'a perdu, mais bon, maintenant c'est Dieu qui va en profiter".
Ah ouais. C'est vrai. C'est chacun son tour.

Alors tout le monde sait bien mon degré de croyance en Dieu - comme dit si bien Woody Allen,  "si Dieu existe, j'espère qu'il a une bonne excuse". Mais j'aime bien cette idée. Que maintenant, c'est Lui qui va apprendre le Moonwalk.
Vont bien se marrer sur le Jail House Rock version King of the Pop.
Allez, dansez pour nous. On pense à vous.
Et je pense à leur nouvelle invitée Myriam aussi. Très fort.

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 13:50

200

C'est le nombre d'articles qui ont été publiés sur ce blog.

Et puisqu'on parle de chiffres, ça fait 7 mois que la poupette a quitté Necker - oui, je compte encore, et ça faisait 34 mois hier que la nounette avait quitté son logement utérin - oui, je compte encore.

Et je repense à moi il y a 34 mois et 2 jours,
et je repense à moi, surtout, il y a 7 mois et 15 jours.

Alors c'est sûr, ce matin j'étais contrariée que l'orage m'empêche d'aller faire les soldes, mais quand même, ce que la vie est belle.


1,2,3


Soleil !
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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 13:55

Trois semaines que j'ai repris, et les choses s'organisent.

A ma grande (et heureuse) surprise, je n'éprouve pas le sentiment d'asphyxie que j'appréhendais, me souvenant des courses contre la montre à l'époque pré-poupetienne, les trajets sans fin dans la jungle routière francilienne suivis d'une soirée centrée sur la nounette qui refusait déjà les légumes, n'était pas baignée par la nounou et se couchait tard. Avec courses, ménage, lessives à insérer dans le tableau.

 

Mais des choses ont changé et la reprise, pour émotionnellement difficile qu'elle soit, en a été facilitée sur le plan matériel.

Certes, la fatigue est là. Je dois me lever bien plus tôt que mon corps ne sait l'accepter (je ne suis paaas du matin) et même si j'ai 3 matinées par semaines, les 2h15 de trajet c'est tous les jours …

 

Mais quand même, au-delà de la fatigue physique, il y a la bonne nouvelle de la détente mentale le soir :
- d'abord, les bains peuvent être pris le matin, ce qui libère la soirée.

- la nounette a découvert le Dieu Dévédé, auquel nous sacrifions en rentrant de la crèche (et des jeux dans l'herbe d'après-crèche), ce qui permet un temps de décompression pour les parents (la poupette, qui en matière de mobilité a pour l'instant plus d'ambitions que de moyens, reste assez tranquille).

- finie la sieste en journée pour la nounette, soit, mais les deux mouflettes sont couchées à 21h. Ca veut dire qu'on a une soirée à deux. Et qu'on peut donc faire des trucs pour nous le soir.

 

Finalement, paradoxalement, j'ai donc l'impression qu'on est mieux organisés, mieux cadrés, et qu'on arrive à dégager plus de temps (en tout cas par rapport à ce que j'appréhendais, à savoir rien du tout).

 

En parallèle, je prends mes repères dans ma nouvelle vie de maman-de-deux qui travaille.

 

Il y a les tâches domestiques. J'ai repéré le supermarché en face de mon boulot, ce qui permet des courses de complément en semaine sans trop me retarder (tétée du soir oblige). Les lessives tournent souvent les matinées où je suis là ou pendant le dîner (préparation et détachage en parallèle de la préparation du repas).

 

Il y a le trajet. Je suis en train d'explorer avec pugnacité toutes les possibilités, suivant l'heure, suivant le jour … Comment m'assurer un trajet d'une durée raisonnable et surtout, surtout, constante quelle que soit mon heure de départ ? Avant la poupette, il m'arrivait de partir du travail à 19h30 parce qu'à l'arrivée ça ne faisait que 20mn d'écart avec un départ à 18h30 – la différence étant passée dans les ralentissements. J'ai eu quelques tuyaux pendant ma grossesse, j'ai imprimé la carte de tout le secteur et je teste, je teste, je teste. Si une voie est bouchée, j'oblique sur une autre, pour arriver à maxi 2h15 de trajets quotidien et surtout, surtout, pas de frein à mon départ à toute heure de la soirée.

 

Il y a la garde. Profiter de nos matinées ensemble, programmer certaines courses ou sorties quand même. Préparer le foulard imprégné de mon odeur pour la poupette, penser au sac, aux changes, au goûter nounetien et à tout le matériel poupetien (cale-bébé, peluche musicale …). S'assurer que la poupette a assez de plats pour tenir la semaine, l'allaiter le matin même si je pars très tôt (et grimacer quand elle a quand même eu un complément après mon départ, mais c'est le jeu …), trouver une heure pour appeler l'ours et savoir comment elles vont, mes mouflettes adorées.

 

 

 

Il y a le sport. Ca c'est un plus, et là aussi je reprends mes repères. J'ai payé une fortune l'inscription sur un mois pour les 15 derniers jours de juin, je ne peux y aller qu'à la place des déjeuners les jours où je ne suis pas de garde des filles, mais ce qui compte c'est de lancer le mouvement.

J'ai retrouvé la salle de fitness que nous avons la chance d'avoir dans le secteur. Après 6 ans, trois mutations géographiques, 7 changements de hiérarchiques, 2 congés maternités (ou comment résumer 6 ans de vie professionnelle en une ligne) et 8 kgs de plus, les choses n'ont guère évolué.

Un matériel différent mais semblable. Les mêmes têtes, les mêmes animateurs, le Musclor vieillissant toujours là … Les mêmes nanas sanglées dans des combis de lycra qui ne laissent rien ignorer de leurs formes enviables, ou trottinant nues dans les vestiaires, exhibant sans y penser leur fesses et leurs ventre plats, et la même question "est-ce que je suis pudique ou complexée ?" tandis que j'attends devant l'une des deux douches individuelles avec mes vêtements de rechange (pas question de me rhabiller devant qui que ce soit).

J'ai retrouvé les réflexes, le sac qu'on boucle la veille, le gel, le déo, la serviette, le livre (je ne peux pas pédaler statiquement ou monter des marches artificielles sans avoir quelque chose à lire) les sous pour acheter un sandwich sur la route (mon chouchou : le "végétarien" = crudités et œufs sans sauce - en attendant de penser à le préparer moi-même), les étapes (boucler les dossiers, enfermer le matériel dans l'armoire, attraper mon sac, passer prendre le sandwich – la moitié avant, la moitié après – remplir la petite bouteille qui sert de gourde), le choix des horaires (pour commencer quand le stepper est libre et finir quand la douche est dispo) …

Le plaisir de se dire qu'on a repris pied dans une routine saine et qui ne coûte que les rapports sociaux qu'on peut maintenir à l'heure du déjeuner, et qui attendront septembre.

 

Alors voilà, c'est pour de vrai, j'ai repris.

C'est dur, c'est fatigant, mais c'est fait. Les bons côtés attendus (des sujets passionnants dans lesquels se plonger) se font un peu attendre, comme mon nouveau hiérarchique. Quoiqu'il en soit, les filles s'y font doucement, la grande plus que la petite, et le plaisir de les retrouver le soir est tel que je l'imaginais, au moment de tourner dans la douleur la page du congé parental (pas pour ça que c'était moins douloureux, évidemment).

En espérant retrouver de chouettes sujets au moins à la rentrée, et retrouver cette facette professionnelle de la maman-multiple que je suis.

 

 

 

 

 

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 20:51
Il était une fois Marie une jeune femme, pleine d'énergie, blonde et lumineuse, qui attendait une petite fille - la petite soeur d'un des enfants d'août 2006 que fréquente la nounette.
Tellement lumineuse, tellement dynamique, qu'on n'est pas surpris de la savoir infirmière - et qu'on a eu bien de la chance qu'elle travaille à Necker, l'étage en-dessous de la réanimation ... c'était précieux, un visage ami dans cet endroit glacé seulement autorisé aux parents ...
Tellement naturelle aussi qu'elle rêvait d'un accouchement qui lui ressemble, sans artifice, sans péridurale, juste les contractions et la force de la nature.

Il était une fois une petite fille au creux de sa maman qui se savait attendue. Au début, elle s'est mise en position de sortie, tellement tôt qu'on a dû arrêter sa maman, de peur qu'elle ne naisse trop en avance.
La période dangereuse est passée, mais au cas où la puce se déciderait avant que sa grand mère n'arrive, j'ai dormi le portable à côté de moi pour filer récupérer le grand frère le temps que la maman accouche.
La grand mère est arrivée et j'ai passé le relais, juste avant de reprendre le travail.
On s'était promis d'aller au Baluba si la petite fille tardait trop - une fois le terme atteint c'est donc avec Sabrina que Marie a fait du toboggan. Pour que sa fille sorte, pour qu'elle ait son accouchement naturel.
Oui mais c'était pas l'idée de la petite fille.
Nous, les mamaouts, on était suspendues à notre forum, chaque matin on commentait la date "c'est une jolie date pour naître ?". On a même cru que la petite fille voulait naître le même jour qu'Alyssa - mais non.
Marie a commencé a redouter tout ce qu'elle voulait éviter, le déclenchement, la péridurale, l'instrumentalisation ...
Et puis un bel après-midi, le dernier jour de dépassement "autorisé" par l'hôpital, Marie a abdiqué. La puce refusait de venir, c'était comme ça, tant pis, il y aurait déclenchement, peut-être césarienne ... Marie a attendu la rencontre.

Et la petite fille a dû sentir que sa maman avait tout lâché.
Ou alors c'était cette date là qui lui plaisait.
C'est vrai que tout bien réfléchi, c'est une super jolie date.

Donc le 18 juin, à 7h26, une petite Justine de 51,5 cm et 3,640kg a enfin montré le bout de son nez à peine fripé et ses jolis yeux bleus. Et comme elle est déjà sympa , elle a même offert à sa maman cet accouchement naturel tant désiré ... Et comme elle est bien "mûre", elle a commencé à regarder tout ce qui l'entoure, et elle rampe déjà sur la table à langer ...

Bienvenue Justine !!! T'es la meilleure !


je sais que ta maman Marie ne lit pas ce blog, alors juste pour dire, eh, si j'ai un peu tardé à écrire, c'est parce que je suis occupée à te coudre un doudou


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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 20:47

Alors là, j'ai vécu un immense moment de solitude.
(En plus, faut le dire, à ce moment là, j'étais seule).

Je suis malade de honte.
Parce que nous avons été supra méga hypra gâtés, et je n'ai pas été fichue de remercier, vu que je n'ai pas percuté que c'était un cadeau ...

J'ai répéré il y a je ne sais même pas combien de temps une vente privée de chocolats de grande marque, avec notamment une plaque d'1kg de chocolat noir - le truc qui nous fait rêver avec l'ours.
D'ailleurs on a rêvé et même sans doute bavé dessus. Mais bon, est-ce bien raisonnable ? J'ai hésité ...
En ce moment, je reçois plein de colis de commandes passées au cours des mois précédents (je ne sais tout simplement pas résister à une vente privée de livres ou puzzles pour enfants, je me suis offert des sandales confortables - pour changer, et j'ai trouvé des ciseaux de couture qui déchirent leur race).

Alors quand j'ai reçu cette commande, j'ai pensé "tiens, c'est un cadeau ?" (car adressé à l'ours et moi, ce que je ne fais jamais : je commande soit à son nom soit au mien), mais il n'y avait pas de mot dedans, et puis qui aurait pu savoir qu'on avait bavé devant cette plaque de 1kg ?
Donc j'ai pensé
- finalement j'ai craqué devant le chocolat (je vieillis),
- j'ai commandé et j'ai complètement oublié (je vieillis)
- j'ai mis une adresse étrange mais je ne me rappelle pas pourquoi (je vieillis).

En fait ...
en fait j'en avais parlé à mes copinautes, sur le forum des mamans d'aout 2006.
Et Nathalie m'a lue.

Et Nathalie a commandé.
Ca :

une plaque géante et 4 tablettes de chocolat super bon.
Vous ne verrez jamais les 4 tablettes parce que du coup je n'avais pas pris la photo et la première tablette a été dévorée trop vite ...

Nathalie, c'était vraiment adorable. Je ne sais pas comment tu as eu cette impulsion, c'est le genre de truc que j'adorerais faire, mais d'abord tu t'es ruinée, ensuite ... ensuite J'AI PAS SU QUE C'ETAIT DE TOI !!! JE N'AI PAS PU T'APPELER !!!

alors en attendant de t'avoir au téléphone je voulais te le dire ici :
MERCI NATHALIE !! MERCI POUR LE CHOCOLAT !!
Nous t'envoyons plein de bisous cacaotés !



je me vengerai

.

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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 20:25

Voilà le cadeau des mouflettes, orchestré par le papa ...
c'est beau, hein ?


le dessin précieux entre tous, les empreintes de mes chéries (très esthétique en plus)















et la boîte peinte et ornée par la nounette ...
les cabochons ne tenaient pas très bien parce que l'ours débute - il a fallu remettre de la colle (la colle à paillettes n'est pas de la glu) et il a fallu les décaler pour pouvoir fermer le couvercle, mais c'est un fort joli début, plein de bonne volonté et j'étais super touchée ...
Surtout que je me suis levée à 9h  et que l'ours m'a aussi laissé plein de temps pour coudre.
Et j'ai eu une rose de la supérette en bas, et un petit mug d'une boutique de vêtements pour enfants.

J'aurais adoré un peu de tendresse de la part du papa en plus ... à quand la fête des choupinettes ?...

En tout cas l'ours a bien claironné "bonne fête maman" au téléphone et on est allés voir Crème de Belle Maman (qui a complètement fondu devant l'album photo de ce fameux week-end chez Monique).

Avec tout ça on est rentrés tard et surtout les mouflettes dormaient, il a fallu réveiller ce petit monde en douceur, les nourrir, les distraire, les coucher ... et j'ai loupé l'heure pour appeler ma maman à moi (qui passe son temps à gagner des compétitions de bridge et à venir disputer la finale à Saint Cloud, et justement, la semaine prochaine, à mi-chemin de la fête des mères et de son anniversaire, devinez où elle sera ? Gagné, dans l'herbe, enrôlée par la nounette pour une partie de ballon).

Quant à l'acadabra / acade à bras merci d'avoir joué ! (je vous ai sans doute induites en erreur sans le faire exprès en proposant plusieurs orthographes)
voici ce que c'est :




un crayon  acheté avec la poupette à la boutique des bénévoles à Necker.

(Bedi notera qu'il ressemble au crayon avec un nounours qu'elle nous a envoyé et dont la nounette raffole)
















Mais vous avez bien compris, depuis le temps que la nounette avait envie d'une baguette magique (je ne sais pas où elle a entendu "abracadabra" dont elle fait une interprétation perso), c'est pas un hasard si maman-en-or a repéré ce crayon-là.
Donc il y a 5 gagnantes, la première chronologiquement étant Anne-Val et la plus proche dans la description étant Chonchon (il y a aussi Kriss, Fanfan et Lindsay). Mais j'ai adoré les autres propositions !
(Et donc les gagnantes vont attendre un tout ptit peu que je touche mon salaire de juin )

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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 08:00

Je ne sais pas si vous aimez les jolies histoires de vie …
Moi si (je suis une midinette).

Justement, on m'a raconté une jolie histoire il n’y a pas si longtemps, une jolie histoire à partager.


Il était une fois une jeune fille de 14 ans et des poussières, dans la France rurale des années 50. Douce, discrète, polie et dévouée, comme on éduquait les jeunes filles à cette époque.

Elle avait 14 ans, l’âge du certificat d’études. Quand ses parents lui ont dit "à présent, tu vas aller travailler dans la capitale, ta cousine t’a trouvé une place", elle n’a pas protesté. A l’époque, c’était normal. Quand on avait 14 ans, même fille unique d’une famille modeste, on n’attendait rien d’autre, c’était dans l’ordre des choses.


C’était dans l’ordre des choses de partir seule, un matin, de quitter ses parents et le cocon de son enfance, de prendre le bus pour commencer sa vie active. De se retrouver seule, à 14 ans, arrivant de son petit village, désorientée, dans une ville immense, sans savoir comment on prend le métro ni comment on arrive à l’adresse soigneusement notée.

D’aller habiter dans une petite chambre sans confort, sans eau, sans cuisine, avec des punaises dans la mauvaise literie – c’étaient les patrons qui vous logeaient.

Et à 14 ans, on accepte et on se soumet, parce que c’est dans l’ordre des choses pour une jeune fille bien éduquée.

Comme elle a dû pleurer, cette petite fille, le soir, isolée dans sa petite piaule insalubre, séparée de sa famille, de sa maison ... attendant le dimanche pour reprendre le bus et retourner voir ses parents quelques heures – car il fallait repartir le lundi, les week-ends étaient courts.


Il y avait moins de questions, à cette époque. Cette jeune fille ne se demandait pas quel jean porter au bahut ni s’il était temps de changer de forfait ou de portable.

Elle se levait tous les jours pour aller gagner un tout petit salaire. Elle était logée, nourrie, il n'y avait pas grand chose d'autre. C'était comme ça.

Et elle prenait le bus, tous les WE.

Elle a rencontré du monde ainsi. Il y avait d'autres jeunes filles qui allaient travailler dans la capitale.

Elle a rencontré Monique. Elles sont devenues amies.


Et justement, lors du pont de l’Ascension, nous étions chez Monique.
Qui parle beaucoup …et qui a raconté comment elle a rencontré ce grand type mince et stylé - qui s’est épris d’elle, qui lui a fait la cour. Pour lui, elle a rejeté son soupirant (qui en voyait une autre au bal le samedi, il faut dire, c’était malhonnête). Elle l’a fait attendre 4 ans, son grand stylé, dans la France rurale des années 50 - et pendant 4 ans, il a cavalé tous les WE jusqu’à Denfert-Rochereau pour prendre le même bus qu’elle et descendre au même arrêt ... avant de reprendre un bus qui le déposait dans sa famille ... juste pour passer plus de temps avec elle. En attendant le mariage. Qui a eu lieu. Qui a duré.

Monique et la jeune fille étaient amies. C’est à Monique que la jeune fille racontait ses petites misères et ses petites joies d’adolescente puis de jeune femme au travail. Comme ce jour, où le nouveau chauffeur de bus qui ne connaissait pas la route et l’a fait arriver en retard à une communion. Drôle de gueule, ce chauffeur.


Monique était là, assise avec son amie juste derrière le chauffeur, elle a vu la douce jeune fille et le chauffeur tomber sous le charme l’un de l’autre, petit à petit, au rythme des trajets.


Il avait déjà fait sa vie, le chauffeur, il avait un fils, il avait 20 ans de plus, il allait divorcer.

Mais le divorce n’était pas simple, dans la France du début des années 60.

Et c’est un adultère aux yeux de la loi que la jeune fille et son amant ont commis, lorsqu’ils se sont installés ensemble, en attendant de pouvoir se marier. Une fille, puis un fils, sont nés de leur amour, mais ils n’ont pas pu être reconnus tout de suite. A l’époque, avant le divorce, ce n’était pas si simple pour un père de reconnaître ses enfants hors mariage.


La jeune fille fut montrée du doigt par sa famille. Un divorcé, plus âgé – ça ne se faisait pas. Ce n’était pas convenable. Seuls ses parents l’ont soutenue : leur gendre n’était pas celui qu’ils avaient rêvé pour leur fille, mais il la rendait heureuse, il était gentil, il était droit.

Jacques, le chauffeur, a été le parrain du fils de Monique et de son grand stylé. Monique, elle, a été la marraine du fils de son amie et de Jacques.


Les enfants restaient dans le village, chez les grands parents ou gardés par une gentille fermière, quand la jeune femme retournait travailler à la capitale. Pendant des années, elle n’a vu sa fille, puis ses enfants, que le week-end. C’était comme ça, dans les années 60. On ne râlait pas faute de place en crèche. On n'avait pas de congé parental. On travaillait, et on pensait au moment où on reverrait ses enfants.


Enfin, le divorce a été prononcé. Enfin, ils ont pu se marier.

Un troisième enfant est né et la jeune femme a alors arrêté de travailler. Ses enfants ont pu porter le nom de leur père. La famille était réunie.

Il n’y avait pas beaucoup d’argent, dans le ménage.

J’ai vu quelques rares clichés noirs et blancs de cette époque, moments posés et instants de vie, gardant la mémoire des visages qui ont changé ... ou disparu – les photographies étaient précieuses.

Il n’y avait pas beaucoup d’argent, mais il y avait de l’attention, mais il y avait du soin, mais il y avait du temps - mais il y avait de l’amour. Je ne sais pas si les enfants n’ont manqué de rien matériellement. Heureusement on n’était pas marginalisé si on n’avait pas de vêtements de marque, de gadgets technologiques ou de vacances à Ibiza, et on était heureux d’avoir quelques jouets, et on imaginait le reste.

La jeune femme a élevé ses enfants et les a regardés grandir, faire leurs études, se marier ou pas, lui donner des petits-enfants qu’elle chérit aujourd’hui.


Et elle était là ce soir-là, et je l’ai fait parler, parce qu’elle est toujours aussi discrète, je l’ai poussée à raconter sa part de souvenirs qui remontaient avec ceux de son amie Monique.

Et elle a raconté, l’enfance arrêtée pour un travail si tôt, l’amour et l'adultère légal, les enfants et la simplicité d’une famille regroupée … Elle a levé les yeux vers moi et m’a dit à la fin "voilà, elle n’est pas belle ma vie, hein, Ariane ? "

 

Oh, Belle-maman, si vous saviez comme elle est jolie, comme elle est touchante, votre histoire.
Vous qui avez tout donné, tout quitté, pour un amour qui dure encore. Vous avez affronté les médisances du village et de la famille, devant votre union solide avec ce "divorcé". Vous avez serré les dents et levé le menton, vous avez aimé pour de vrai et ça valait le reste.

Vous avez tenu des années pour gagner votre vie, loin de vos enfants, c’était si dur, mais c’était comme ça à l’époque, et vous avez tenu.

Il est mort, l’homme à la drôle de gueule. Il est parti trop tôt, il y a longtemps. Je ne l’ai jamais connu, je n’ai que deviné sa "gueule" sur quelques images sépia, à travers le visage de votre benjamin qui lui ressemble, et dans le reflet de votre rêverie quand vous regrettez qu’il n’ait pas connu les mouflettes.

Vous l’avez aimé, au-delà de la distance, au-delà des conventions, au-delà du temps qui passe. Vous n’étiez pas tellement plus vieille que moi quand il est mort, vous auriez pu refaire votre vie.

Et je sais que l’ours aime vous faire enrager, et son petit frère aussi, en omettant de vous appeler "maman" alors que vous aimez tant ce nom-là.

Et je sais que quand même, il va vous fêter aujourd’hui, parce qu’aujourd’hui c’est votre jour, comme c’est désormais un peu le mien – et qu’importe si ça nous vient de Pétain.

Alors vous n’êtes pas ma maman à moi, et vous ne lirez jamais ce billet mais je l’écris quand même : croyez-moi, vous aurez des nouvelles aujourd'hui, et si on vient, votre fils vous appellera maman.

 

Et puisque c’est aussi le jour de ma maman à moi, qui était également moderne dans sa rencontre avec mon papa (c’était le Meetic de l’époque), et qui ne va pas pouvoir lire non plus cet article, vu qu'elle sera en compétition de bridge toute la journée - je lui souhaite quand même une très bonne fête des mères !

Bonne fête à vous mes copinautes. Si vous avez eu des colliers de nouilles, je veux voir les photos !

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 18:21

Je voulais vous parler d'un sujet qui me soucie énormément. De plus en plus. Surtout depuis la naissance des filles ...
Après-demain, c'est la sortie du film de Yann Arthus Bertrand, qui espère bousculer les consciences assoupies sur un confort individuel, et le règne de "ça va plomber l'économie" (ce qui est une absurdité : l'économie ne se relèverait pas d'un désatre écologique).

Le photographe martèle "nous avons 10 ans, pas plus, pour inverser la tendance et réparer les dégâts".

Et moi ça me fait peur.
Parce que dans 10 ans, nos amis américains n'auront pas infléchi des siècles de culture, parce que les pays émergents s'en fichent, ça se comprend (on a tout épuisé avant qu'ils n'arrivent et on voudrait qu'ils respectent ce qu'on a saccagé ?) , parce que les politiques même en France ne voient pas l'intérêt de se mobiliser ...
10 ans, c'est trop court.
C'est déjà perdu. Je suis prête à agir, suivre les pistes qu'on me donnera, je privilégie déjà les solutions écolos, mais ça ne suffira pas et je le sais.
Dans quel monde ai-je jeté les mouflettes ?
Quelle est leur espérance de vie ? Quel est leur espoir de vie ?

J'ai si peu de levier d'actions.

Le vote en est un, je suppose.
Jusqu'ici je votais pour le/la candidat(e) qui, pensais-je, représentait le mieux mes convictions, ou en tout cas ne les mettrait pas en péril une fois qu'il ou elle serait au pouvoir.
Evidemment, je choisissais dans les candidats qui me semblaient pouvoir accéder au pouvoir.
Sinon ça ne sert à rien.
L'ours, lui, pointe que même si les écolos ne sont pas au pouvoir, chaque voix leur donne du poids.
Espérons.

Et là, pardon ce billet va faire un petit détour, parce que du coup, j'ai regardé attentivement les programmes pour les élections au Parlement Européen.
Je n'ai pas l'intention de faire de politique, je n'ai aucune légitimité, mais c'est juste que j'ai bien ri.

Parce que déjà, le premier truc qui m'a sauté à la figure, c'est la Liste Antisionniste, avec Mister T radieux au centre de la photo ... kesako ?
L'ours, qui guettait, goguenard, ma réaction, a précisé "non mais antisionniste c'est pas antisémite, hein, regarde, il y a la photo d'un rabbin".
Oui, enfin le concept d'un parti groupé autour de l'idée qu'un pays d'Asie n'aurait pas dû être constitué, euh, je ne comprends pas bien en quoi ça va faire progresser les lois européennes.
Bon. Spagrave. C'est pas ça que je cherchais.
J'ai vu d'autres partis fédérés contre un phénomène (après les sionnistes, à bas les financiers et/ ou les capitalistes). Ca m'interpelle, je ne vois pas comment on peut créer un projet en ayant juste en tête d'en détruire d'autres.
Bon. Spagrave, c'est pas ça qui m'intéresse.
J'ai vu plein de têtes connues, ça a l'air d'attirer les foules maintenant Bruxelles (pensées à Bénédicte si elle me lit ). Les slogans me font toujours sourire (je vous laisser regarder les programmes que vous avez sûrement reçus aussi).

Finalement, il me reste 3 bulletins de la mouvance que je vise.
Alors là, c'est top cool. Je connais du monde.
Déjà, il y a la super trogne de José sur le premier.
Sur le second, Francis Lalanne rêve, cheveux au vent, et Patrice Drevet réussit à m'adresser un sourire chaleureux plein de gravité.
Sur le troisième, j'adore : on me propose de passer du PIB au BIB : le bonheur intérieur brut.
Je vous passe le jeu de mot sur le fait que j'allaite et j'avoue, le bonheur intérieur brut, fallait le trouver, j'adore.

Mais quand même, les copains, pour une fois que j'examine sérieusement vos projets, vous étiez obligés de vous diviser ? de vous mettre à 3 sur ce créneau ?
Moi qui croyais avoir choisi, je vais devoir encore choisir (brrr va falloir aller sur les sites en plus, un tract recto verso c'est bof).

Et moi qui croyais que peut-être, il y avait une chance du côté de la politique, je suis un peu abattue, là.

Combien de temps elle va nous résister, la Terre ? Combien de temps aussi avant que la nature ne lance une offensive contre le parasite humain qui détruit cet équilibre si parfaitement agencé ?
On connaît le proverbe amérindien  "Soyez bons avec la terre : elle ne vous a pas été donnée par vos parents, elle vous est prêtée par vos enfants".
Misère, dans quel état on va la leur rendre ...

Vendredi prochain, je serai devant mon écran, puisque le film de Yann Arthus-Bertrand, (produit par Luc Besson), va passer sur France 2 et sera proposé gratuitement sur YouTube (Journée Mondiale de l’Environnement).
Le film sera également proposé le même jour au cinéma en version plus longue, en DVD, en Blu-Ray … “Y a pas de droit, y a pas de copyright, montrez-le au maximum de gens“, a plaidé Yann-Arthus Bertrand. 
Je transmets.

S'il vous plaît ... il faut faire quelque chose.
Pourvu que cela nous donne des idées ... et au moins, la motivation.




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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 17:52
Je ne suis pas la seule à avoir été très secouée par l'annonce du crash d'un avion entre le Brésil et la France.

Je ne suis pas la seule à m'être sentie aspirée, projetée dans la terreur, la souffrance, le chagrin inommable des visages que les caméras ont eu l'indécence de filmer - et que j'ai eu la malchance de voir, moi qui regarde si peu le journal télé.

Mais chacune de ces personnes qui a perdu un morceau de soi, et tout son avenir tel qu'il aurait dû se dérouler, chacune de ces personnes doit être seule à présent.

Je voudrais éviter d'y penser (moi que l'avion terrifie, moi que la mort d'un enfant ramène au cauchemar d'un après-midi de novembre), mais quand même, je suis assise tranquillement, mes deux enfants endormies dans leur lit, et on ne sait rien de ce qui s'est passé.

Alors tout ce que je peux avoir d'énergie positive va vers ceux qui se taisent, qui crient ou qui se raccrochent à un espoir comme à une bouée qu'il va bien falloir lâcher ... vers ces inconnus qui doivent encore être hébété de détresse ... à quoi penseront-ils ce soir, à l'heure où nous irons dormir ?
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