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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 20:21

Voilà, c'est fini.

C'est la troisième fois que je le vis, et la deuxième fois que je le vis avec vous.

J'ai blindé mon sac d'ordi de sacs de M&M's pour faire sourire les collègues. J'ai perdu mon badge. Je ne sais plus où j'ai rangé mon agenda (loin des mains de la poupette c'est sûr mais où ?).

 

Demain, c'est la répétition générale.

Une à l'école et au centre de loisirs.

Une à la halte-jeux, jusqu'à la fermeture.

Une à la crèche (où je présenterai le papa demain matin).

 

Mardi, c'est la reprise, la vraie. Les nouveaux collègues, les nouveaux locaux puisque je suis mutée dans ma ville, à un nouveau poste.

 

Plus jamais ce rythme doux, ce temps pour nous, ces après-midis en bas de la résidence à regarder les mouflettes se rouler dans l'herbe, en caressant la troisième dans le chinado, les yeux un peu brillants de manque de sommeil (mon coup de barre quotidien c'est pile à l'heure de la sortie d'école). Papoter avec les copines-voisines en regardant la montre, en guettant l'arrivée du papa, qui n'est pas encore pressé par le temps.

 

Je sais, ces moments idylliques, c'est l'idée que je m'en fais à présent que c'est fini.

En vrai le rythme n'a jamais été doux, j'aime pas le square, les trois à la fois c'est ingérable, le manque de sommeil faisait de moi une harpie et l'organisation n'était pas simple ... mais quand même, on n'était pas trop bousculés.

 

Qu'est-ce que j'ai fait de tout ce temps passé à la maison ? Que sont devenus tous mes projets, tout ce que j'imaginais ? La chambre de la choupette n'est pas prête, ma machine à coudre est en panne, l'album photo des premiers mois de la choupette attend sa création, je n'ai pas vu mes copines, je n'ai même pas fini ma rééducation kiné ...

 

Ok, ok, j'ai fait un bébé. Le genre qui ne dort pas la nuit et ne vous laisse pas tranquille la journée (si, si, ça existe d'un autre genre, mais pas ici). Le genre parfait, craquant, adorable, mais dévorant.

 

C'était pas facile de garder le petit fauve sans avoir dormi correctement, c'était pas simple de faire tourner la maison, je ne suis pas une super ménagère, je "bugguais" sur le rangement et parfois sur les courses (ah, les 3 mouflettes à la fois dans la supérette à côté ... toutes les caissières nous connaissent). Et les lessives incessantes (détacher, remplir, vider, étendre, ranger) tenaient de l'enfer domestique.

Et il y a des choses que j'aime dans le fait de travailler, même si mon futur poste ne m'enthousiasme pas (c'est la première fois que je regrette de n'être pas rentière).

 

Mais là ça va être de la mécanique de précision.

 

Les journées vont filer ... Mon nouveau poste promet d'être très lourd et le temps gagné sur les transports sera passé au boulot, pas avec mes mouflettes.

 

Et le sommeil ? ça me fait peur.

 

Et puis ma pauvre choupette, projetée brutalement du cocon maternel dans l'univers bruyant, animé et distant de la crèche. L'adaptation ne se passe pas trop mal, mais elle ne mange rien.

Elle lutte de toutes ses petites forces contre les instruments de torture que sont la cuillère et la tétine du biberon ...

elle m'attend.

Elle s'endort d'épuisement, se réveille dès qu'on la pose, et on la berce à nouveau pour qu'elle supporte mon absence.

Oh mon trésor, je te promets qu'on va se retrouver tous les soirs ... mais ce n'est même pas moi qui viendrai te chercher. Tu vas devoir m'attendre longtemps, tu sais, il va falloir prendre des forces ... et c'est mon lait dans le biberon ... (moi qui m'étais promis que plus jamais le tire-lait).

 

Allez, hauts les coeurs.

On l'a toujours su, que la bulle allait crever. Ca fait mal quand elle crève, mais après la routine s'installe tellement vite qu'on ne se rappelle plus la vie d'avant, la vie à notre rythme.

Et puis on s'est bien organisés avec papa. On est rôdés, les sacs sont prêts le matin, on a tous les deux un temps partiel, on va limiter la course infernale.

 

J'ai toujours été très sensible aux pages qui se tournaient. Et là il y a plusieurs pages qui se tournent, plusieurs histoires qui se finissent en même temps.

Plus jamais de congé de cette durée : maintenant en face de moi il y a le travail jusqu'à la retraite, à regarder grandir les mouflettes et passer avec elles trop peu de temps libre.

 

Trop peu de temps pour voir changer ma choupette.

Ma choupette qui ne vit que par moi.

 

Certaines se rappellent que je disais de ta soeur qu'elle était mon histoire avant d'être la sienne.

Toi aussi mon amour. 15 mois de nos histoires entremêlées, c'était déjà une chance inouïe.

 

Maintenant c'est la place pour ton histoire. Tu commences ta vie sans moi.

 

S'il vous plaît, ne me dites rien.

 

Juste, mardi matin, si vous y pensez, peut-être vous entendrez le son de la tendresse qui se disperse dans l'atmosphère ...

quelques rires et gazouillis de bébé chatouillés, des pleurs d'enfant et des cris de mamans, le lave-linge qui tourne et l'eau qui bout dans la casserole, la machine à coudre qui crépite, et une petite odeur sucrée de lait maternel et de gâteaux au beurre. Des moments spéciaux à la surface irisée des souvenirs ...



C'est la bulle qui crève.

Il reste notre vie, la vraie.



 

 

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