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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 21:34

Aujourd'hui c'est le lendemain du jour le plus pourri de sa vie, j'espère, pour une copine à qui je tiens.

 

Je ne l'ai pas vraiment présentée.

 

On s'est rencontrées autour de la naissance de notre premier enfant, pour elle, Anouk et moi, et le deuxième enfant de Virginie - sur une discussion dont le titre était "Un sein ou deux pour la tétée ?".

Oui, on allaitait toutes les quatre nos petits bouts, tous nés sur une période de 2 mois avant l'automne 2006. De quoi nous rapprocher ... On a papoté sans trêve, celle qui s'absentait un moment retrouvait toujours le chemin de la discussion ... jusqu'à la naissance de la poupette et son accident, là j'ai perdu le fil.

Depuis, on continue à se suivre par blogs interposés. Je vois Anouk une fois par an. C'est ballot, vu qu'on habite dans la même région, mais je suis incapable de secouer ma fatigue et d'affronter les transports ou la circulation pour la voir plus souvent avec son petit Achille, qui n'a que 5 jours d'écart avec ma nounette ...

J'ai rencontré Virginie une fois avant la naissance de son petit dernier Macéo, quand Jillian commençait à marcher (la nounette pas encore) et que Calvin était le petit garçon le plus adorable de toute la galaxie.

 

Et on s'est revues, toutes les 3, un soir brièvement où Virginie était de passage à l'occasion d'un mariage. Le soir où elle a découvert ce que les mots "circulation" et "bouchons" voulaient dire (et pourtant elle vient d'une ville où le traffic est dense). On était bien contentes de tomber dans les bras les unes des autres, même pour un dîner express ...

 

La seule que je ne connaissais pas c'était Aurore. Faut dire qu'elle habite rudement loin dans le sud. Et nous on ne va jamais rudement loin dans le sud.

Sauf cet été. Vous vous rappelez, quand j'ai supplié l'ours de partir en vacances avant la rentrée, et qu'on a trouvé in extremis une location dans les Pyrénées Atlantiques.

Dès que j'ai su ça, j'ai évité de réfléchir, j'ai appelé Aurore. Déjà, c'était bizarre de lui parler en vrai (c'est fou, on papote on papote mais on ne connaît pas nos voix). Et en plus, c'était pour demander si en remontant on pourrait venir s'imposer à 5 dans sa nouvelle maison, genre, dans 10 jours ? Genre deux jours ?

Aurore est miraculeuse : elle a dit oui. Sans hésiter. Même pas peur. Alors que, je l'ignorais, son chéri était en déplacement.

Elle cuisine comme une déesse, et sa belle-famille très accueillante nous a invités à dîner ... de tomates et haricots verts du jardin comme je ne me rappelle pas en avoir mangé et sur lesquels on fantasme encore avec l'ours.

 

Le nid qu'Aurore et Seb se sont fait est planté au milieu d'une nature tranquille et sereine, ça fait envie, avec l'ours on était tout étourdis de cette simplicité. Et la nounette et la poupette ont bien trouvé leurs marques avec les oisillons d'Aurore, Mattias et Célyan, elles ont bien galopé et joué dans le jardin, et ramassé les légumes du potager (et mis un joyeux bazar dans les jouets).

 

Voilà, c'est le petit groupe.  

On a 9 enfants à nous 4 (plus les papas), et j'espère bien qu'Anouk va faire monter le score cette année, comme elle en rêve.

 

Mais depuis hier, on a 9 enfants et un rêve qui s'est envolé. Je l'ai appris ce matin.

 

J'écrivais à des amies il n'y a pas si longtemps que j'ai beaucoup de chance d'avoir eu des grossesses si simples, et sans complication.

On en a, de la chance.

Parce qu'on n'a jamais vraiment connu l'enfer de l'attente, des années durant. C'était dur, quand la poupette tardait à s'implanter, mais finalement ça n'a pas duré longtemps. Et fallait bien faire une moyenne avec les arrivées inattendues de la première et de la dernière mouflette.

Elles n'étaient pas prévues, mais on n'a jamais eu à se demander si on les gardait. On ne les a pas vraiment calculées, mais tout de suite on les a désirées. Dès qu'on a su qu'il y aurait un bébé, on l'a accueilli dans notre imaginaire. On pouvait.

Jamais on a eu de chemin à faire pour accepter le futur bébé.

On en a eu de la chance.

 

Parce que jamais on ne nous a annoncé que le bébé ne pourrait pas naître, qu'il fallait prendre une décision, la mort ou la non-vie.

 

Parce que jamais on ne nous a annoncé qu'il n'y avait plus de bébé. Qu'il avait cessé d'exister. Le jour où on venait regarder son coeur battre. Un bébé qu'on n'avait pas attendu, comme un moment de soleil venant frapper des vies engourdies dans une paisible félicité, et qui bouleverse tout, et dont on a du mal à accepter l'existence.

Et le jour où on l'accepte, on apprend que fini, c'était une blague, c'était pour voir si vous suiviez ...

Je suis en colère.

Je ne sais pas à quoi elle rêve, la vie.

 

 

Je ne sais pas à quoi elle rêvait pour Eva. Je ne sais pas à quoi pense sa maman, presque 3 semaines après l'enterrement. Je pense à elle tout le temps.

Je ne sais pas comment va Albane, c'est ma faute, je ne prends plus le temps de passer lire les copinautes. Elle et sa maman sont encore tous les jours dans mes pensées. J'espère que l'amélioration résiste à l'hiver.

 

Je suis en colère et je suis effondrée. L'ours aussi. En vrai, il est souvent plus proche de la nature, l'ours, c'est le privilège des ours. Il est triste, moi je suis révoltée.

Moi je ne veux pas qu'Aurore vive cette peine. Et je ne veux pas que Virginie l'ait déjà vécue.

Aujourd'hui, j'ai appris qu'hier Aurore et Seb ont dû affronter cette épreuve-là.

J'aurais bien aimé rêver aussi à ce bébé  -qui est passé le temps d'apporter un train d'angoisse, une poussière de rêve et un wagon de chagrin. Un petit tour et n'arrive pas.

 

C'est dégueulasse.

 null

Aurore, je pense fort à toi.

 

Et comme je ne peux rien faire d'autre, je t'offre juste à toi, spécialement, une petite image qu'on a prise pour toi et que je n'ai toujours pas envoyée aux copines pour qu'elles le postent sur leur blog (je sais, je suis longue en ce moment).

 

Juste pour que tu saches qu'on est 4, et que nous 3 ce jour-là on a pensé à toi.

Et qu'on pense à toi aujourd'hui.

Rien que pour toi, je mets ma trombine sur mon blog, tu mesures à quel point j'ai envie de t'envoyer un signe ...

Prends soin de toi. Et toutes mes pensées à Seb, et aux garçons.

 

 

 

 

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commentaires

lavieenbleu.over-blog.net 21/02/2011 11:16



Oh merci pour la photo Nounette !! J'aime bien ce quatuor  , on se sert toujours  les coudes après 4
ans et c'est chouette quand même . Bisous à notre petite Aurore . 



afaurore 13/02/2011 09:40



je suppose que tu comprends pourquoi ton colis nous a énormément touché mais que je n'ai pas eu le courage de t'appeler pour te le dire
je suis vraiment désolée
et vos messages, très émouvants (y'a pas à dire vous savez bien écrire avec Virginie), font mouche à tous les coups
en tout cas très contente que ce court séjour vous ai fait du bien et j'espère que ça se renouvellera
Qui sait on n'est pas si rudement loin dans le sud
gros gris bisous à vous 5



Kti 13/02/2011 04:39



Je ne vous connais pas, ni les unes, ni les autres mais je sais que Cécile, ma fille, a sa place ici. On s'est juste croisé une fois Sandra. Mais ton blog reste mon lien avec cette gentillesse
que j'ai lu chez toi, notamment.


Je voudrais juste dire à Aurore, qu'il existe un site pour les parents endeuillés. Il s'appelle Petite Emilie si personne ne te l'a dit. Il y a un forum. Plein de renseignements.


Je voudrais aussi te dire Aurore, que je pense à toi, à ce petit bout de toi et à ta famille. Pas facile. Le terme est faible et les mots difficiles à trouver. Même si j'ai vécu la même situation
il y a 3 ans maintenant.


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