Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 08:01

Le jour de la fête des mères a été un bout d'enfer pour deux mamans que je connais.

 

Et je voulais dédier une pensée à l'une de ces mamans et à sa fille. Sauf que jusqu'à très récemment je pensais que Sophie ne mettait pas les pieds sur ce blog. J'ai appris que si.

Du coup j'ai hésité.

 

Je ne voudrais pas lui faire de peine, d'aucune manière.

Et je me rappelle ce jour, en réanimation à Necker, ou des bénévoles sont passés pour distraire les enfants malades. J'ai été une bénévole, dans ce même hôpital, je suis venue lire des histoires, c'est là que j'ai donné mon premier biberon, à 18 ans. Dans l'hôpital des Enfants Malades.

Alors c'était pas possible, vous comprenez..

Voir ces bénévoles auprès de mon propre enfant, ça voulait dire que ma poupette était, à son tour, un de ces Enfants Malades, au destin anonyme.

Et moi je ne voulais pas.

Je rejetais cette idée de toutes mes tripes, de toute mon âme.

Nous on était là par hasard, ça ne pouvait pas être pour longtemps - allez-vous en, partez, mon bébé n'est pas malade, c'est pas notre place, c'est pas notre histoire ...

 

Je ne veux pas que Sophie pense que je vois sa fille comme un Enfant Malade. Ce n'est pas cela que je veux écrire.

Sa fille, c'est d'abord "sa vie, sa bataille". Comme elle le dit. C'est la minuscule petite fille qui s'est battue, qui s'est accrochée à la matrice maternelle, malgré le retard de croissance intra-utérin, malgré l'inquiétude du corps médical. C'est cette enfant adorable qui est née, si petite, et qui a réussi le défi, et qui a grandi, et qui s'est développée.

 

Si vous pouviez la voir, Albane.

Ses bonnes petites joues, son sourire, son petit palmier sur la tête (nan je suis pas jalouse sous prétexte que ma poupette au même âge a bien du mal à trouver de quoi faire tenir une barette ...), son énergie, sa mine espiègle, son petit air dégourdi, sa tendresse ... Si vous pouviez voir comme elle pète la forme ... comme elle a l'air d'exploser de santé ...

 

Seulement voilà. Elle a juste l'air.

 

Le jour de la fête des mères, sa maman est venue nous annoncer, à toutes les copinautes d'enfants de l'âge de ma poupette, qu'un diagnostic était tombé. Une maladie qu'on porte sans le savoir, une de ces saletés génétiques qu'on transmet en même temps que la vie. C'est dégueulasse, c'est révoltant, pas Albane. Aucun enfant, d'ailleurs, mais merde, pas Albane.

Je pense à toi tous les matins, Albane.

 

J'imagine combien ça a dû être dur de nous en parler. Je sais qu'en parler, ça rend les choses réelles. On ne peut plus revenir en arrière, on ne peut plus vivre dans un monde où il n'est jamais rien arrivé, une fois que les autres savent.

Mais je sais aussi que savoir que les autres sont là, ça peut être une vraie force. Ca l'a été pour moi. J'espère que nous saurons épauler Sophie.

 

Et je sais qu'aujourd'hui, elle et sa famille étaient dans un centre spécialisé, pour confirmer ou infirmer ce diagnostic. Si confirmation, elle va voiler l'avenir d'Albane, et va poser une menace sur celui de son grand frère qui devra subir un dépistage.

 

Je suis révoltée, je suis aussi dévastée ... je pense à Sophie, cette maman pleine d'humour et de dynamisme, de cette beauté saine et joyeuse dont on fait les publicités. Qui n'a plus de larmes.

On ne devrait jamais avoir à accompagner la maladie de son enfant. C'est pas naturel, c'est pas dans l'ordre des choses. On est sur terre pour les protéger, les choyer, les regarder grandir, et les préparer à vieillir sans nous.

 

Je sais que la science fait des progrès. Je sais que cette maladie est de mieux en mieux connue, comprise, décryptée. Je sais qu'on peut déjà devenir quelqu'un, malgré cette maladie, qu'on peut vivre, qu'on peut grandir.

Je sais qu'Albane est petite, et j'espère que le temps qu'elle grandisse, on saura l'aider à vivre mieux, très longtemps, et si seulement - la guérir.

 

Je pense à Sophie, Albane, et leur famille. Il y a un troupeau de septembrettes suspendues à l'attente de leurs nouvelles. On essaie de ne pas se voiler la face, et j'ai tellement peur que je n'arrive même pas à imaginer ce que traversent les parents.

 

Je pense à deux mamans dans la peine.

 

La vie a plus d'imagination que les rêves.

Alors merde, la vie, c'est le moment de rêver.

 

S'il vous plaît.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Cylie 06/06/2010 15:38



Je pleure et Loan qui me voit se pose des questions sur l'écoulement des larmes sur mes joues: "tu pleures"..."non,mon chéri,j'ai une saleté dans les 2 yeux,c'est pénible les saletés et ça
pique,c'est pour ça que mes yeux pleurent ".


Je pense tous les jours à Albane et à la souffrance de sa famille,même si je n'ai pas toujours le temps de lui écrire un énième message de soutien sur le forum,j'y pense.


J'espère que quand les traitements seront mis en place et que vous aurez pris vos marques,la vie sera plus facile avec cette maladie.


 


Bisous à Arianne 


Bisous à Albane et sa famille


 


Ophélie



iso24 06/06/2010 13:37



Nounette , tu trouves encore et toujours les mots qu'il faut . Sophie , on pense à vous ..



afaurore 06/06/2010 12:28



Albane je ne te connais pas ni tes parents mais je suis de tout coeur avec vous.
Je croise les doigts pour que ton frère et toi ayez une très belle et longue vie
Bizzz



Pauline 05/06/2010 21:11



Albane on est tous avec toi petite puce et la
facon dont tu le racontes c est juste ca


Bisous Ariane ansi qu aux mouflettes et a l ours



kriss 04/06/2010 17:59



Il faut des parents exceptionnels pour des enfants extra-ordinaires.


Et cette petite Albane semble avoir tout ce qu'il faut.


Donnez nous des nouvelles.



Présentation

  • : Ma vie en mieux
  • Ma vie en mieux
  • : 3 mouflettes en couleurs primaires font toutes les teintes de la vie.
  • Contact

Texte Libre

to be is to do             (Socrate)
to do is to be             (Sophostène)
to-be-do-be-doooo   (Sinatra)

Recherche

Citation

La vie a plus d'imagination que les rêves (La Belle Histoire, Lelouch)