Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 15:36

Le 26 juillet dernier, ça faisait 8 mois qu'Elsa était sortie de l'hôpital. Je me suis recueillie, un peu, même pendant la RIM (dont je vous reparlerai !)

Ma copine Kriss pense que j'ai tort, que je devrais oublier, que c'est le passé ...

C'est vrai, c'est fini. Mais non, ce n'est pas le passé ... pas tout à fait ...
C'est important, pour moi, d'y penser encore.
Parce que dans ces petites chambres d'hôpital, avec mon bébé scopé dans mes bras, j'étais tendue toute entière vers "plus tard". Vers la fin du cauchemar. Vers le moment où on serait rassurés. Vers le moment où ça serait fini. Vers le moment où on n'y penserait plus ...
Plus tard, ça irait mieux. Je ne serais plus écartelée entre ma nounette et ma poupette. Le samedi 29, on irait pour l'arbre de Noël de ma boîte à Disneyland, on serait enfin réunis tous les 4.
Et puis on fêterait Noël ensemble, et on aurait moins peur.
Et puis il y aurait mon anniversaire, et la poupette commencerait à s'éveiller et le printemps chasserait les nuages des mauvais souvenirs.
Et puis il y aurait l'anniversaire de l'ours, et on partirait tous ensemble en Guadeloupe.
Et puis il y aurait l'anniversaire de la poupette, et à un an, les risques seraient enfin écartés.

Et tous les 26 du mois, il y aurait le souvenir du jour où on est sortis tous les quatre de l'hôpital, et tous les 26 du mois, un regard sur le présent, et un retour dans une chambre de Necker où une ombre de moi se balançait en espérant que le temps passerait vite, et que ça irait mieux.
Les dates anniversaires, ce sont un pont entre le passé, le présent et l'avenir. J'ai jalonné mentalement le chemin de cette année, de rendez-vous faits d'attente et d'espoir éperdu :
 
"ça ira mieux" ...

Alors à chacune de ces dates, je repasse le pont, et je retourne vers cette ombre du passé que je porte en moi, et je la réconforte. Tu vois, c'est vrai, ça va mieux. Je ne te le cacherai pas, au début ça sera un petit bout d'enfer. Tu retrouveras tes deux filles ensemble, mais tu n'auras guère de répit. Et tu auras peur à en arrêter de vivre.
Tu crois que ça va s'arrêter, la peur, mais c'est faux. Même l'ours a peur. Même encore 8 mois après. Tu scruteras la poupette, avec au début l'angoisse que quelque chose se révèle, avec la terreur de la remettre en danger ...
Et puis, on nous l'a dit et c'est vrai, elle te montrera que c'est bon, maman, tout va bien, je m'en sors impec. 
A chacune des dates que tu as visitées mentalement, ça ira mieux.
Détends-toi, maman meurtrie, toi qui berces inlassablement ton enfant au creux de tes bras - pour l'endormir malgré le tuyau de la PH-métrie, malgré les bips incessants, malgré les enfants voisins qui pleurent ... toi qui la dévores des yeux et qui regardes son torse se soulever doucement et ses petites lèvres entrouvertes, rosies de la vie qui pulse en elle. Elle est sauvée, ça ira mieux.

Je reconnais chaque point de rendez-vous à l'étau qui m'enserre brutalement le ventre, la gorge qui se serre et les larmes qui montent ...
J'ai manqué un rendez-vous. Nous n'étions pas aux Antilles en mai. J'étais très abattue, comme si je n'avais pas su tenir parole - en même temps, le changement, c'est le signe que la vie continue, et ça, c'est bien.

Et ce dimanche, j'ai pensé à notre dernier rendez-vous.
Après, la vie va continuer. Un IRM de contrôle, une dernière visite le 5 février prochain pour les 18 mois, et il ne restera que les souvenirs et ces bouffées de terreur contre lesquelles je ne peux rien.
Après, la poupette sera juste un petit fauve normal d'1 an, en route vers la marche, qui en 1 mois a appris à se retourner sur le ventre, s'asseoir seule, se carapater en crabe, se mettre debout en appui sur les meubles et se déplacer debout, se rasseoir sans tomber, mais aussi appeler sa mère, son père, et reboucher son biberon seule ...
Après, ce sera juste comme le souvenir d'un incendie dont on a réchappé, et qui fait qu'on ne regarde plus le feu pareil.

Après la petite flamme de ce jour.

Un dernier rendez-vous.

Qui a eu lieu, quand j'ai apporté le gâteau, avec la bougie allumée. J'ai manqué lâcher le plateau.
Une dernière porte ouverte sur cette chambre dans la pénombre pour réconforter une maman dans la peine : Elsa a 1an, et elle va bien. Et toi aussi, tu iras bien.

Les images :



La reine du jour






















et son gâteau



Un barbecue !




La poupette a trouvé le truc pour se balancer sur l'élan à bascule de sa soeur ...


















L'ouverture des cadeaux - c'est la nounette qui fait le show
 
















L'ensemble pop-up tentes et tunnel : aussitôt monté, aussitôt adopté !


































































En attendant les derniers invités, la nounette a négocié un dévédé ...

















et la poupette s'amuse





















Un gros câlin de Mamie Jaja ...













Chouette, une invitée de la même année - bonjour Bérénice !
























Euh, désolée, Bérénice, tes parents sont occupés (on a sorti la pêche aux canards)

 

 La poupette et le duo barbu - Didier et Tonton Pat

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Cépatout, et le dessert ?












Bon, comme la poupette est surtout occupée - évidemment - à tenter d'attraper la flamme,

 c'est la nounette qui aide à souffler les bougies ...

















Premier contact de la poupette avec le chocolat : elle a l'air d'apprécier, elle a mis la tête dedans !







La journée se termine sur un tour de vélo, le cadeau d'anniversaire pour la nounette offert par Mamie Jaja - un peu en avance pour profiter des beaux jours !


Partager cet article

Repost 0

commentaires

Manu 09/08/2009 14:30

En voilà un beau chat!
Bonne anniversaire Elsa.

Anouk 08/08/2009 00:30

des choses à dire et peu de mots pour les dire. Je te serrerais très fort dans mes bras. Je pense à vous 4 et j'espère de tout coeur que la sérénité va continuer petit à petit de chasser la peur. Plein de bisouxx

sab 08/08/2009 00:20

Cet évènement sera toujours une partie de la petite enfance d'Elsa ... et l'élément déclencheur d'une plus grande angoisse pour tes enfants,
mais Elsa est une championne et elle le prouve tous les jours, elle m'a épatée tout à l'heure en encastrant les formes ...

Accio 07/08/2009 17:15

de trés jolies petites filles, dont le sourire fais avancer et même si on n'oublies rien la douleur s'attenue grâce a ces beaux sourires. biz

kriss 07/08/2009 16:30

Non je n'ai pas dit qu'il fallait oublier. Je n'ai pas oublié mon bébé d'un mois reçu en urgence il y a 14 ans.
Et je n'oublierai pas non plus la dernière fois aux urgences de Pointe-à-Pitre (là, la différence c'est que je pouvais l'engueuler en même temps de ne pas avoir mis son casque).

Ce que je voulais dire.... j'ai peur d'être maladroite...

C'est que la définition d'Elsa n'est pas juste d'être ce bébé qui a failli mourir. Je trouve que tu ne la définis que par ça, ce qui n'est pas grave et plutôt normal en soi, mais ce qui me gène, c'est qu'elle l'entend, le ressent, et risque elle-même de se définir par cet épisode terrible.

Elsa n'est pas "la petite fille qui a passé 17 jours à Necker".

Elsa est une chouette pépette, coquine et bien jolie (et qui a vécu une parenthèse pas drôle).

Tu vois ce que je veux dire.

Mais bien sur qu'il ne faut pas oublier.

Nounette 07/08/2009 22:12



Ah ben c'est plus clair dit comme ça !! (sérieux, ça me surprenait sinon, c'était pas très empathique comme concept "c'est du passé" ...)


Je vois ce que tu veux dire.

Peut-être que j'en parle beaucoup pour exorciser.
Cela dit et si tu lis bien je ne parle pas que de ça. J'en parle de moins en moins, parce que le reste prend de plus en plus de place ...


Du reste, au quotidien, je ne lui en parle pas à elle.

Mais j'aime autant mettre des mots dessus, parce qu'elle ne peut que le ressentir. Or le non-dit devient vite du non-pensé, s'il n'y a pas de mots dessus - sauf que "ça" existe. Et si on ne sait
pas mettre "ça" en mots, il reste juste le malaise, mais on ne sait pas lequel. Là c'est un poison. Enfin je pense.

Donc moi je trouve ça sain d'en parler tant qu'on le vit encore.
Après tout l'ours et moi sommes encore traumatisés, on a peur plus vite, plus souvent, et pendant des mois j'ai guetté avidemment les progrès de mon bébé.

Ce qu'il faut se dire aussi, c'est que c'est notre négligence qui a permis l'accident, d'une part, et la culpabilité rend une blessure beaucoup plus vive et plus longue à cicatriser
et que d'autre part on nous a expliqué le premier soir que les séquelles peuvent apparaître des années après.
Donc ce n'est pas si simple de clore l'épisode. (Même si je ne pense pas qu'il y ait de séquelle).

Je me suis détendue depuis qu'on a expliqué à la psy qu'on n'osais pas laisser la poupette sur le ventre (vers 9 mois) parce qu'elle enfouissait sa tête dans le tapis pour tenter de se
retourner, et que la psy a répondu "ben et alors, vous êtes à 15 cm ..."
C'est là que j'ai mesuré combien l'angoisse s'était inflitrée et comment on la freinait inconsciemment dans ses progrès.

Alors je ne lui dis pas à elle "tu as failli mourir". Je lui dis "championne du moooooonde" quand je la vois debout, quand elle dit au revoir de la main, quand elle arrive à encastrer des cubes
(elle arrive même à utiliser le trieur de formes, je pensais que c'était un hasard mais Sabrina l'a vue faire aussi). J'étais en extase pour SarahL aussi, mais pas de la même manière ...

Elle le ressent, tu as raison, mais tu sais, ce n'est pas possible de faire autrement, on n'arrive pas à l'évacuer. SarahL aussi le ressent. Ca fera partie de son
histoire, de notre histoire à tous les 4. (Je ne sais pas pourquoi il faudrait se forcer à l'évacuer, de toute façon, je respecte notre rythme.). Ca ne résume pas ce que je pense de ma
poupette ni ce qu'on vit ensemble. Peut-être que ça résume encore un peu trop ce que j'en dis et ce que j'en écris (pourtant il ne me semble pas que ce soit tellement véhiculé
par les photos et les billets que je poste ?) . Enfin ce blog a aussi une vocation un peu thérapeutique.



Présentation

  • : Ma vie en mieux
  • Ma vie en mieux
  • : 3 mouflettes en couleurs primaires font toutes les teintes de la vie.
  • Contact

Texte Libre

to be is to do             (Socrate)
to do is to be             (Sophostène)
to-be-do-be-doooo   (Sinatra)

Recherche

Citation

La vie a plus d'imagination que les rêves (La Belle Histoire, Lelouch)