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Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /Jan /2009 17:24
Tout à l'heure, Négociator ayant bien mangé son repas, réclamait un yayourt ocola (crème dessert chocolatée NDT), avec la nouvelle cuillère verte qu'une copinaute de maman a eu la gentillesse de lui faire parvenir.
(au passage MERCI LES FILLES !!!)

"D'accord, mais à table."

Crise.
L'arbitre des négociations tient bon : "tu ne vas pas le manger sur ton fauteuil, tu ne te débrouilles pas encore assez bien avec la cuillère. Rappelle-toi : on a dit la dernière fois que c'était pas encore possible".

Faut dire que la dernière tentative avait donné ça (je l'avais laissée seule le temps d'aller mettre l'opercule à la poubelle).
J'ai dû laver jusqu'à la housse du pouf (à côté).

- Maman, moi veux yayourt ocola, atable ! appelle mini fauve, domptée.
- D'accord. On te met un bavoir, tu remontes tes manches (NDLR : oui, car c'est toujours moi qui fais la lessive), et tu prends la Cuillère Verte.

Bon, ça commence plutôt bien :


Tu fais un bisou pour dire merci à la copine de maman ? je prends la photo.
merci Sabrina ! merci Chantal !! (smack)

Bonne à marier s'en va surveiller la cuisson de ses légumes pour la soupe du soir (si, croyez-le ou non, je fais la soupe moi-même), et en arrive à oublier mini qui s'ébat joyeusement avec son pot de crème ocola.
"maman, 'ega'de, me débrrrouille tousseule !" appelle mini, en se rengorgeant.

C'est vrai :

 
Par Nounette - Publié dans : Les mouflettes
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /Jan /2009 23:30

Depuis que SarahL prononce le R, j'ai perdu mon bébé … le 5 septembre (oui ça m'a marquée) elle a crié entre deux hoquets de rire, pendant les chatouilles, "aRRête ! aRRête, et là j'ai su instantanément que quelque chose changeait. Plus jamais je n'entendrais son petit "ayète ! ayète" si mignon, si suave, si bébé …

 

Alors voilà, depuis qu'elle a de l'R dans ses mots, elle se fait comprendre des autres, et depuis l'hôpital et les 3 semaines de crèche à plein temps, on peut dire qu'elle parle.

 

Et moi je lui parle le français comme une langue étrangère.
J
'articule, je donne la définition des mots nouveaux, parfois, mieux, je lui montre par image.

Par exemple :

 

 +



(oui, j'explique aussi les comptines )


Et petit à petit, son langage s'enrichit, à la mesure de sa soif d'apprendre - ma nounette bavarde ... héhéhé, là il n'y a pas photo ce sont les gènes maternels qui s'expriment .

 

Espérons qu'elle retiendra plutôt sa langue maternelle, parce que la langue paternelle contient des mots un peu trop fleuris (ou pas assez).

Par exemple :

Bon on bouffe ?
Sarah, range ton bordel !

 mais aussi


Va pas là, tu vas tomber

Fais pas ça, tu vas te faire mal

Sors du bain, tu vas attraper froid.

Mais arrête tu vas en mettre partout, donne-moi ta cuillère, tu ne sais pas manger seule !

 

 En vérité, il semble que ses parents ne parlent pas la même langue.

Vite, un décodeur, avant que nos émissions ne soient brouillées.


Enfin à l'arrivée ça nous donne :

allô la base ?  //  mais c'est pas posssible !  //  ah bravo !  //  eeeeeeeeeeeeeh ou-i // cékoul //

[à sa sœur] toi, é un petit bébé frragile  //  oooh bébé-nounet, p'eure pas, jarrrrive, é souis là //
voyons voir … // oooh, ma chérrrie, p'eure pas ma chérrrie  [ces deux derniers ça vient de la crèche]

[debout sur son lit] maman, 'ega'de, é risque de tomber
moi fais pas de bêtise
Sassuffi ! laisse-moa tranquille !! // NON !! Laisse-moa, moi veux faire TOUSSEULE !!

é m'amuse, bokou
maman, tou viens, é m'ennouie

é t'aime toujours

 

Ouf.

Par Nounette - Publié dans : Les mouflettes
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /Jan /2009 23:00

TAG

Je me suis fait tagguer

Maiiiiiiiiiiis non, j'ai pas le visage barbouillé de peinture, ma voiture est toujours rutilante sous les 1 an de poussière accumulée (depuis que l'ours, harcelé sur le sujet, a pointé fort justement que c'était pas du tout écolo de laver sa voiture, je compte sur la pluie) et on n'a pas fait de beau dessin sur les murs de l'appart (la nounette préfère se dessiner sur les jambes ...)

 

Non, je me suis fait tagguer. C'est un truc qu'on se fait entre blogueurs, hein, si vous n'êtes pas là-dedans vous pouvez pas comprendre.

 

Bon je crâne mais quand j'ai lu avant-hier sur le site de Kriss qu'elle s'était fait tagguer, j'ai juste pensé "kesako ce truc, c'est vraiment pour les blogueurs du circuit ça". Et paf, Kriss me taggue à mon tour.

Moi être blogueuse toute neuve, moi suis allée voir de koicety qu'on causait.

 

N'ayons pas peur de l'écrire : je suis une morne impasse pour les chaînes de l'amitié, même celles où on m'explique que si je romps le mouvement il va m'arriver un grand malheur et les neiges éternelles du K2 vont fondre et la mer d'Aral va disparaître, et le cours du nutella va flamber. Et même les tags affectueux et sans l'ombre d'une menace autre que celle de décevoir l'entrain joyeux de ma marraine.

Mais c'est Kriss, et j'aime Kriss.

 

alors je rends ma copie ... c'est bien déjà

 

“quel/quelle est ton/ta ……préféré(e)?”

 

Plat salé

La moussaka. Miam. DDF comme dirait Kriss (direct dans les fesses, NDT)

 

Dessert  

Les fruits rouges. J'avais un ex (je ne m'étends pas sur le sujet, si j'ose dire, l'ours ayant trouvé le chemin du blog) qui, l'été, au lieu de m'apporter des fleurs, m'apportait une barquette de groseilles, de framboises ou de mara des bois. Succès assuré.

 

Sucrerie  

Tssss pas le droit ici. En plus suis plutôt salé que sucré, et je ne sais pas résister à du fromage. Mais côté sucré, dur de résister à un rocher praliné.

 

Fleurs     

Le myosotis. La fleur de l'éternelle mémoire. Et toutes les légendes qui vont avec et qui font qu'on l'appelle "ne m'oublie pas" en plusieurs langues.

 

Lieu de vacances     

De nouveaux horizons. Un peu difficile en ce moment, mais on arrive à s'aérer. Le rêve : un endroit où il y a des animaux sauvages, majestueux, somptueux. Même après Etosha, le parc Kruger ça fait rêver, mais on vise toujours le Kenya avant qu'il n'y ait plus de neige sur le Kilimandjaro … En attendant, mmm, ptite excursion à la Soufrière et aux chutes de Carbet ? (ok, c'est pas près de chez moi …)

 

Acteur ou chanteur   

Jean-Jacques Goldman sans réfléchir.

(Les auteurs compositeurs interprètes me touchent plus que les acteurs.
Pis Kriss, toi tu as Renaud, ben JJG c'est pour moi qu'il a chanté, toute la fin du siècle dernier, et ça depuis qu'on m'a offert Non Homologué en cassette pour étrenner mon chouette magnétophone tout neuf, j'étais même pas pubère.)

 

Actrice ou chanteuse

A part Marjolaine ? Linda Lemay sans réfléchir non plus.

 

Film

Il y a deux films que je suis allée voir 4 fois au cinéma (et j'ai payé 4 fois) : La Belle histoire, de Claude Lelouch, et Les Nuits Fauves, de Cyril Collard.

 

Chanson

Comme toi de JJ Goldman (parce qu'elle a donné son prénom à SarahL)

Par Nounette - Publié dans : Général
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Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /Jan /2009 22:45


C'est le pied de ma poupette, moulé avec un kit spécial.
Spéciale dédicace Sabrina, qui m'a donné le CPAC* pour ressortir du placard les boites de kits (on a tenté il y a 15 jours d'avoir l'empreinte du pied de sa pucinette).

En vrai c'est pas super réussi, mais bon le kit avait été acheté quand la nounette avait quoi, 3 mois ? alors déjà je suis fière de m'être lancée  2 ans d'élan c'est le grand saut.
 
Pour ne pas triompher sans gloire je précise que j'ai bien galéré ... en commençant par le poing de la nounette - pour me familiariser avec la technique.

Parce que la nounette, je m'en doutais, ça allait être un casse-tête.
 
Heureusement, elle a repéré les kits que j'avais sortis et elle est venue me chercher en galopant et en clamant "moi veux jouer é ça !!" .
Bon d'accord, ai-je soupiré (j'adore faire semblant d'être magnanime et de céder à son enthousiasme, qui m'arrangeait bigrement). Mais ça va être difficile, tu sais, il faudra que tu restes immobile.
Ou-i
Si tu bouges, ça sera raté, tu devras rester très tranquille.
Ou-i
Je vais lire le mode d'emploi et je vais te montrer : là tu vois tu vas verser la poudre et je vais mélanger, et ensuite tu mettras le poing comme ça, et on ne bougera pas du tout le temps de chanter au moins 2 fois "scions du bois". Et peut-être même petit escargot, et la coccinelle. Tu as compris ?
Ou-i
Il faudra que tu laisses ton poing comme ça, sans bouger. Sinon, ce sera raté. Tu es d'accord ?
Ou-i
Tu es sûre Sarah, tu resteras tranquille ?
Ou-i
Sinon ce sera raté. Il faudra bien rester sans bouger, tu as compris ?
Ou-i, é compris maman !
[sur un ton qui préfigure celui qu'elle aura dans 10 ans quand je lui ferai des recommandations pour sa première boum pfff elle est belle la jeunesse]
On y va ? Tu as compris que tu ne dois pas bouger, bon, alors on mélange, et hop, tu mets ton poing, non le poing c'est ça, voilà tu fermes la main, tu la mets là, surtout tu ne bouges pas Sarah !

Oh ! (et elle retire son poing)

Bon, on a essayé le pied, qu'elle a retiré aussitôt en manquant envoyer le baquet dans la vitre, on a remis le poing, j'ai crisé (malgré la promesse que je m'étais faite), et pour finir, avec un blocage du coude qui ressemblait un peu à une clef de judo (la honte) j'ai obtenu l'empreinte ... d'une main ouverte (sic) sans les dernières phalanges de deux doigts. SarahL est ravie.
"é à moi, ça ?"

Je me suis entraînée sur ce moule pour prendre le "coup de main" pour doser et touiller le plâtre,
et j'ai ensuite tenté le pied de la poupette, préalablement endormie à grand renfort de portage. Pour le coup j'ai ressorti le chinado, j'ai promené, j'ai bercé : elle dormait comme une bûche (drôlement plus confort que l'écharpe on dirait).
A ce stade j'ai préparé la mixture et je lui ai mis le pied dedans.
Boum, réveil instantané : elle s'est mise à battre du pied pour se dégager ... 
On dégaine les chansons pour la calmer : "Aux marches du palais ..."  (non, aime pas, moi veux "chions du bois" ... )
oui parce que vous pensez, pour que ça ne soit qd même pas trop simple, j'avais mini fauve entre mes pattes tout le long.

... Finalement j'ai pu faire mumuse avec un moule potable, à quelques détails près.
Cékoul.
Même avec tout le ménage derrière.

Le papa l'est content. "Sympa, c'est pas grave s'il y en a une de ratée on va pouvoir en refaire".
Oui, ben pas toute seule la prochaine fois. Parce que je ne vous raconte pas la crise quand il a fallu touiller le plâtre tous les quarts d'heures pour faire les différentes couches ... "mamaaaaaaan toi t'occupes de moaaaaaaaa"

En tout cas j'ai fait bien attention, il me reste un kit.
Et de toute façon j'ai trouvé une méga recharge en soldes chez les Trois Helvètes, 500g d'alginato machin et 1kg de plâtre, on me les livre dans 15 jours

Sabrina tu es prête ?


Quelques images du clan pour conclure


et les bédéphiles

 

* Note  : CPAC = abbréviation issue de la traduction française de KIA, du nom d'une méthode de management qui a fait ses preuves dans les entreprises occidentales, et peut être importée avec succès dans le fonctionnement familial.
En anglais dans le texte ça se dit : Kick In the Ass,
traduit assez fidèlement par Coup de Pied Au Cul.

Par Nounette - Publié dans : Jamais contente
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Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /Jan /2009 00:10

Depuis que j'ai appris dans l'auberge du Trèfle à Quatre Feuilles que mon ventre abritait une promesse, j'ai déménagé.

Je ne parle pas de mon petit appartement sous les toits de Montrouge.

 

Je parle d'un monde où je pouvais entendre parler d'un enfant malade sans frémir. D'un monde où je pouvais voir des navets avec des fusillades et plein de méchants fauchés par les balles, sans penser à leur mère.  D'un monde où le trou de la couche d'ozone ne concernait que mon présent et quelques années de plus.

 

Avant, je lisais les faits divers et je me disais "c'est affreux".

Maintenant, je lis qu'un enfant est mort, et ça me broie. J'ai mal aux cœurs de toutes les mères dont les enfants ont mal. J'ai le vertige quand j'y pense.

 

Depuis que mes oiselles ont rejoint notre rivage, j'ai peur de la mort. Avant j'avais seulement peur de mourir, j'avais peur du passage, j'avais peur de la souffrance, j'avais peur de la peur. Maintenant je ne veux pas qu'elles grandissent sans moi.

J'ai peur qu'il y ait une guerre. J'ai peur d'être malade.

J'ai peur même pour ces mères déjà mortes … ce livre sur la rafle du Vel d'hiv, les mères qui se suicidaient en sautant des gradins avec leur enfant dans les bras comme une ultime protection, ça me hante. Saurai-je à ce point protéger mes enfants ?

 

Depuis que mon premier bébé s'est niché en moi, j'ai compris ce qu'était la peur, mais je ne l'ai pas encore apprivoisée.

J'ai peur pour mes filles, chaque jour qui passe pour chaque jour à venir. J'ai peur de les perdre. J'ai peur de leur nuire. J'ai peur de ne pas être à la hauteur. J'ai peur qu'elles ne soient pas heureuses. J'ai peur de ne pas les voir grandir. J'ai peur que ce monde ne les blesse. Je me fige quand j'entends le bleu du SAMU.

 

Depuis que j'ai reçu entre les mains le carnet de santé de SarahL, je suis devenue un parent.

C'est surréaliste.

Avant, j'étais le centre de ma vie. A présent, je suis "le premier cercle protecteur". Ce sont elles qui sont mon centre - et mon équilibre.

Depuis qu'Elsa a bousculé notre fusion à trois, de maman je suis devenue mère. J'ai cessé d'être ma fille telle que je fus la fille de ma mère, je suis la mère de mes filles, j'ai mûri.

 

Avant, quand j'étais fatiguée, je dormais. Maintenant, même mes grasses matinées sont au régime (eh oui, en plus j'ai 10kgs à perdre).

 

Avant, je voulais me réaliser. Je suivais des cours du soir, j'avais un métier.

J'aime toujours mon métier, je suis écartelée.

 

Avant, j'écoutais de la variété – plutôt française, avec de chouettes textes. Maintenant, j'écoute si ce n'est pas une des filles qui pleure. Avant je sortais le soir. Maintenant je sors la poubelle à couches.

Je m'intéresse aux histoires que se racontent les mères de famille. Je sais qui est petit gourou.

 

Avant, j'avais un compagnon qui prenait soin de moi, et ça me plaisait, et qui se moquait de tout, et ça me faisait rire. A présent, je le regarde m'oublier et je lui en veux, je le regarde être père, et ça me bouleverse.

 

Avant je savais quelle mère je ne voulais pas être. Je ne savais pas bien celle que je souhaitais devenir, mais j'observais les familles et je choisissais mes modèles.

Maintenant savoir qui être dans l'absolu, c'est dépassé : je cherche surtout ce que je dois faire au quotidien – et comment y parvenir (et purée il y a du boulot).

 

Depuis que mes enfants sont là, j'ai envie de créer pour elles, autour d'elles, et surtout j'ai envie de les aider à créer. Je redeviens écolière, je me rappelle nos jeux, nos œuvres, nos chansons.

Je vois le monde à travers elles. Je parle le français comme une langue étrangère.

 

Je redeviens mammifère. Je suis ancrée dans la nature, j'accueille à chaque fois mon bébé dans ce miracle. Son corps blotti contre le mien, sa chaleur au creux de la mienne, elle m'incorpore et se nourrit de moi. Qu'importent les chagrins, les cris, les colères, les obstacles, les séparations, la peur, la faim - je la prends contre moi et elle tète presque jusqu'à la transe. Elle s'abandonne au plaisir, au réconfort, à l'apaisement, et ça m'émerveille.

 

Depuis que je suis devenue un maillon de la chaîne, j'ai quelque chose à transmettre.

Je veux que leur monde soit beau, je voudrais donner et savoir aider plus pour que les changements s'accélèrent. Je veux leur apprendre qu'on peut toujours faire une différence. Je veux leur apprendre à penser aux autres, mais je veux d'abord qu'elles pensent à elles. Je veux leur apprendre à se comprendre elles-mêmes, je veux leur apprendre à aimer se faire plaisir. Je veux qu'elles s'aiment elles-mêmes.

 

Depuis qu'elles sont là, j'ai envie de faire le pitre, de les faire jouer, de les surprendre, de les éblouir, de les faire rire. J'ai envie de leur apprendre à lire, et de leur apprendre à danser, de leur faire découvrir le monde. J'ai envie qu'elles me l'apprennent à leur tour. J'ai envie de devenir jolie.

J'ai envie de les porter contre moi, de les serrer, de les humer, d'enfouir mon visage dans leur cou. J'ai envie de les voir s'approprier l'univers que je crois familier, pour elles tout est une première fois - elles qui sont presque ma dernière "première fois".

Je réapprends la lune, je réapprends la neige.

Je les regarde et je les écoute dormir, leur visage si pur et si serein, cette petite respiration de sommeil qu'elles ont eue chacune à leur tour : trois inspirations rapides et tout le corps qui se relâche, dans la confiance du foyer que nous avons créé pour elles.

 

J'ai envie d'arrêter le temps sur leur gaieté, j'ai envie de graver dans mes entrailles le sourire édenté, l'éclat de rire insouciant, les mots brouillons, ébauchés, détournés. Les appels "maman ! 'ega'de !"

 

Maman, c'est moi.

Depuis qu'elles ont fait de moi plus que moi-même.

 

Elles sont ma vie, en mieux.

 

Par Nounette - Publié dans : Les mouflettes
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